La foire aux chevauxet aux ânes de Maillane
"C'est une tradition. Nous venons ici chaque année. Les bêtes que nous avons déjà vendues dans le passé sont notre meilleure carte de visite". Ces petites foires sont restées conviviales, le contact est facile, souvent les maquignons mangent et boivent ensemble, autour de leur commerce. Il existe des foires plus réputées comme celles de Fontvieille, Bellegarde ou Fourques, mais la place Mistral et la place Gounod à Maillane offrent un cachet plaisant pour ce genre de manifestation
 Romano Boï est un passionné. Sa relation avec les chevaux s'inscrit dans un art de vivre global. "J'achète et je vends des chevaux et j'ai créé un spectacle équestre. Je construis également des roulottes, je suis roulottier. Tout cela m'occupe tout au long de l'année. De ma poulinière de chevaux espagnols dans les gorges du Verdon, à Nîmes, où je présente mes spectacles de poneys et de chevaux que nous répétons à Bellegarde, je viens vendre sur quelques foires comme celle-ci. L'ambiance y est bonne et la mentalité des maquignons est fraternelle. Souvent, nous échangeons des chevaux compte tenu des besoins variés des régions où nous passons".
 Cet autre maquignon d'Istres avance que l'âne est plus intelligent que le cheval. "D'ailleurs, affirme-t-il, il franchit des chemins impraticables aux chevaux avec beaucoup d'agilité et d'adresse. Mais si il décide de s'arrêter, là, alors il s'arrête. L'âne peut être très têtu. Très résistant, il ne craint ni la chaleur, ni le froid. L'âne de la Crau est particulièrement résistant."

JMA 18 Fév 08
|
|
|

A côté des professionnels et amateurs de chevaux, d'ânes, et autres équidés, quelques marchands forains, et des artisans présentent aussi leurs étals aux visiteurs tout au long de la journée. Parmi eux ce remarquable artiste, graveur et sculpteur, sur des plaques de marbre. Erich Klee est un véritable calligraphe, un précieux messager, venu de Saint-Geniès de Malgoires dans le Gard.
Bien-être, nature et bons chevaux "L'élevage se passe bien. Maintenant que les chevaux doivent être identifiés et qu'il y a des contrôles, c'est mieux, les gens ne font plus n'importe quoi". Romano Boï essaie de répondre de son mieux au bien-être de ses chevaux, en relation avec l'écologie. "Je leur fabrique moi-même des produits de soins bio, avec de la lavande et d'autres composés organiques. Ainsi par exemple, avec un vaporisateur, je les protège des moucherons et des puces, cela les tranquilise deux ou trois jours. Mais la nature reste complexe, et ils continuent à utiliser leur queue et leur crinière."

De
moins en moins utilisé pour les transhumances, ou le transport, l' âne
se rapproche de plus en plus d'un animal de compagnie, s'adaptant très
bien aux relations avec les chiens, les moutons et l'homme. Et
également avec les enfants desquels il est très prisé." Les petits
ânes font de bons compagnons pour les enfants et d'efficaces tondeuses
à gazon"déclare Cécile Puglesi, qui élève à Mérindol des laitons
shetlands, qui font de tout petits ânes très demandés des
particuliers... "Je dois souvent ensuite me rendre chez eux pour leur montrer
comment ils doivent être soignés". Quand il ne nettoie pas les herbages
pour préserver nos forêts d'Alpilles, l'âne est aussi à l'avant scène
de fermes pédagogiques, comme à Figuerolle prés de Martigues, de
randonnées et même de centres de zoo-thérapie. C'est que l'âne a au
long des chemins acquis de belles lettres de noblesse auprès de
l'homme, ce que nous livre si bien dépeint Gérard Rossini, passionnant
écrivain saintrémois, dans son excellent livre "Mémoires des ânes et
des mulets", paru aux éditions Équinoxe.
|
|